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Le Tour par monts et par mots

Le Tour par monts et par mots Michel HENRY et Sylvain MOUILLARD 27 juillet 2014 à 20:36 Facebook : Facebook Twitter : Twitter Google+ : Google+ Envoyer : Mail Imprimer cet article Imprimer Lire sur le reader Mode zen L'Allemand Didi Senft, alias El Diablo, personnage incontournable du Tour, saisi ici lors de la septième étape, le 11 juillet entre Epernay et Nancy. (Photo Lionel Bonaventure. AFP) BILAN

montres La Grande Boucle s’est achevée dimanche sur une victoire attendue de Vincenzo Nibali, encadré par deux Français sur le podium. Retour, en neuf étapes, sur les temps forts de la compétition.

Age

fausses montres Jean-Christophe Péraud, le deuxième, a 37 ans , Alejandro Valverde, le quatrième, 34 ans : ce Tour 2014 fait la part belle aux seniors - et pas qu’aux pensionnaires de maisons de retraite qu’on aère au bord des routes sur son passage. Si on ajoute deux coureurs de 42 ans, Chris Horner et Jens Voigt, on voit que le vélo, ça conserve. Pourtant, passer six heures par jour sur sa bécane pendant trois semaines, ça casse son homme. Le cyclisme a peut-être mauvaise réputation, mais on y fait de vieux os. Cherchez l’explication.

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Caméra

rolex replica watches Le Tour de France, c’est pas pour les ringards. Histoire de dépoussiérer l’institution centenaire, les organisateurs ont innové cette année, en plaçant des caméras embarquées sur les vélos de quelques coureurs à chaque étape. Bilan : une belle gamelle d’un homme non identifié derrière l’Allemand André Greipel entre Le Touquet et Lille, ou encore une séquence impressionnante sur les pavés du Nord.

répliques de montres suisses Nervosité, vibrations, boue, tout y était. Une initiative réussie, qui pourrait être étendue. A quand un flux en direct, avec les données de vitesse, de puissance, etc ? Ou la bande-son du peloton ? Voilà qui donne des idées de partage des revenus à Jérémy Roy, équipier de la FDJ.fr  :  «Si on devient cameramen, il va peut-être falloir faire un effort à un moment.»

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Champs-Elysées

répliques de montres Omega

fausses montres La championne du monde néerlandaise Marianne Vos (à droite, photo AFP) a remporté le sprint dimanche sur les Champs-Elysées. Comment, une femme ? Ben oui : elle participait à «La course by le Tour de France», nom idiot pour une épreuve en boucle autour des Champs destinée à promouvoir le cyclisme féminin . Ensuite, côté garçons, le sprinter roi de ce Tour, Marcel Kittel (Giant-Shimano), s’est mis une quatrième étape dans la poche. L’Allemand avait déjà gagné la 1 re , la 3 e  et la 4 e , avant de se faire discret. Quant à Jean-Christophe Péraud (AG2R-La Mondiale), qui avait brillamment chipé samedi au contre-la- montre la 2 e  place au général à Thibaut Pinot (FDJ.fr), 3 e , il s’est fait une petite frayeur en chutant. Mais Vincenzo Nibali, le maillot jaune, lui a permis de revenir en ordonnant au peloton, grand seigneur, de ralentir.

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Dopage

Alors, Nibali, il en prend ? Bonne question, à laquelle le champion d’Italie est soumis, en vertu de l’inquisition frappant les as du vélo. Si le Sicilien n’a jamais été pris la main dans la boîte à pharmacie, son équipe, Astana, a un casier long comme une seringue pour canasson : de Vinokourov (actuel manager) à Contador en passant par Armstrong, ses anciens coureurs ont fait biper le contrôle. Soupçon aussi pour l’encadrement actuel, jusqu’au médecin. Présumé innocent, Nibali jure qu’Astana a changé. Il faut donc le croire sur parole. Comme on est sommés d’adhérer à la petite musique entourant les Français, dont deux représentants figurent sur le podium pour la première fois depuis 1984 : s’ils reviennent au sommet, c’est que le dopage a régressé. Car le Français ne se dope pas, Monsieur, il marche au jus de béret frais et à la décoction de bob Cochonou. S’il avait disparu des radars ces dernières années, c’est qu’il ne pouvait concurrencer les «tricheurs». Mais vous n’êtes pas obligé d’y croire : en sports, la référence cinématographique la mieux partagée, c’est la Grande Illusion.

Vincenzo Nibali, vainqueur de la 13 e étape à Chamrousse (Photo Jean-Paul Pélissier. Reuters)

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France Télévisions

Samedi, à Périgueux, deux jeunes, un cubi de rosé à la main :  «Hep, vous pouvez nous trouver «Jean-Rosé» Godart ? On a un cubi à lui remettre !»  On a honte : ça nous a fait rigoler, que la grande famille de la télé publique nous pardonne. Mais c’est sur le même ton qu’il fallait prendre ses commentaires, sinon on ne survit pas à trois semaines de Tour, entre les approximations de Jean-René Godart et les envolées de Thierry Adam, bateleur de foire qui vend de faux suspenses comme d’autres des casseroles. En plus, mauvaise nouvelle, «JP» Ollivier arrête - le stage de «Polo la Science» n’a pas été reconduit, c’est moche. Une idée pour la direction : un peu de changement, ça vous dirait ? Du style «2015, le Tour du renouveau», avec Willy Voet aux commentaires. Non, on blague : gardez-les, sinon, de qui va-t-on se plaindre ?

Rafal Majka, vainqueur de la 14 e étape à Risoul (photo Christian Hartmann, Reuters)

Diaporama Les visages de la victoire

Mangeas

Chaque mois de juillet, depuis quarante ans, Daniel Mangeas commentait sur la ligne d’arrivée. En 2015, il n’y sera plus. A 65 ans, la voix du Tour a raccroché dimanche, avec 870 étapes au compteur. Il avait débuté un 14 juillet, en 1974 au Pla d’Adet, pour remplacer le speaker en panne de bagnole. Mangeas connaît tout des coureurs, c’est une encyclopédie ambulante : on dit désormais des éléphants qu’ils ont une «mémoire de Mangeas». La sienne a juste eu quelques trous quand il fallait parler de dopage, car le garçon veut rester positif, si l’on peut dire. Mangeas continuera à animer les courses françaises alors qu’au Tour, ils devront se mettre à plusieurs pour le remplacer.

Reportage vidéo Le Tour de France va perdre sa voix

Selfie

C’est le nouveau  «Ne courez pas à côté des coureurs !»  lancé par un commentateur révolté. Le selfie, pratique consistant à se prendre en photo en tournant le dos au peloton qui arrive plein pot, a fait des ravages sur ce Tour. En Angleterre notamment, où les supporteurs novices ont manqué de provoquer des gamelles en cascade.  «C’est un dangereux mix de vanité et de stupidité»,  a tranché l’Américain Tejay Van Garderen, cinquième du classement général.

Tony

Tony Martin (Omega Pharma) a fait un raid de 155 km pour gagner la 10 e  étape à Mulhouse. Le lendemain, l’Allemand aux cuisses en forme de lances-missiles remettait un gros coup. Jamais fatigué. Samedi, pour remporter le contre-la-montre Bergerac-Périgueux, Panzerwagen («véhicule blindé») avait un plateau de 58 dents. Inhumain : avec ça, ce n’est même pas possible de démarrer… A quoi marche l’autobus de Cottbus, sa ville natale ? A un mélange hautement explosif de schnaps distillé à partir de nitroglycérine : si vous allumez une cigarette à côté de lui, il explose. Mais avec le pétard Martin, ce sont les couleurs allemandes qui ont explosé : sept victoires d’étapes, avec André Greipel à Reims et Marcel Kittel, quatre fois vainqueur.

Tony Martin, intouchable dans le contre-la-montre (Photo Eric Feferberg. AFP)

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Watts

Le mois de juillet venu, le suiveur se trouve fort dépourvu : plus de perquisitions dans les hôtels des coureurs, même pas un petit contrôle positif à se mettre sous la dent. Alors, pour analyser les performances, le voilà obligé de décortiquer les «watts» des meilleurs grimpeurs du peloton. Comprendre : les puissances développées par les Nibali et consorts dans les ascensions. La méthode, mise au point par Antoine Vayer, ancien entraîneur de Festina et ex-chroniqueur pour  Libération,  a fait des émules. Avec des conclusions divergentes. La montée réalisée par le maillot jaune à Hautacam (428 watts) a-t-elle affolé les radars ? Dur à dire. Mais pour Vayer, qui court désormais pour  le Monde,  c’est le seuil d’une performance suspecte.

Nibali, flashé à 428 watts dans la montée vers Hautacam. Suspect ? (Photo Lionel Bonaventure. AFP)

Michel HENRY et Sylvain MOUILLARD


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